
La cathédrale de Maguelone, imposante d’élégance et de sobriété romane, surplombe l’étang de l’Arnel depuis plus d’un millénaire. Du fait de sa situation géographique tout au bout de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone, en lévitation entre ciel et son miroir d’eau, elle est restée à l’écart du flot touristique estival. Mais maintenant que Le Comptoir des Compagnons, un restaurant gastronomique, a été inauguré dans une des annexes par l’association Les compagnons de Maguelone (ESAT, Établissement de Service et D’aide par le Travail) et qu’a été ouvert un deuxième accès au site, sur le chemin du petit train qui fait le trajet pour aller à la plage en le contournant, depuis la passerelle qui traverse le canal du Rhône à Sète, la petite île draine davantage de visiteurs.
Dans la douce pénombre rafraichissante de la cathédrale, de plus en plus de lumignons sont allumés aux pieds de la statue en plâtre de la Sainte Vierge datant de l’époque baroque. Ses deux bras font un geste d’accueil aux passants et pèlerins ou d’imploration pour la miséricorde divine, mais restent amputés de leurs mains. Dans le parc boisé de pins et agrémenté de massifs d’acanthes qui entoure la divine demeure, des paons bleu-vert ou blancs lancent régulièrement leur cri plaintif qui s’entend des lieues à la ronde.
La ville de Maguelone, créée sur une île par les Grecs, a été sous occupation romaine et faisait partie des 24 oppidums de Nîmes. Elle devient le siège de l’évêché dès le VIème siècle jusqu’en 737, date à laquelle Charles Martel détruit la ville, après qu’elle ait été prise par les Sarrasins.
Le XIe siècle fut le début d’une période faste pour le site, une sorte de renaissance romane. L’évêque Arnaud (1030-1060), prélat réformateur et bâtisseur, entreprit la reconstruction de la cathédrale, consacrée en 1054, ainsi que des bâtiments du chapitre (il n’en reste aujourd’hui que les vestiges, dont sans doute la chapelle Saint Augustin). Il les enveloppa d’une ceinture de fortifications, appelée dans les chroniques « Enceinte des portes en fer ». L’évêque Arnaud fit aussi construire un pont d’un kilomètre de long à travers l’étang jusqu’à Villeneuve les Maguelone, réunissant ainsi l’île au continent. Arnaud part en pèlerinage à Jérusalem. À son retour, il meurt à Villeneuve en 1060, et est enterré à Maguelone dans un angle du cloître, mais son corps est transféré dans la chapelle St Augustin au XIIe siècle.
Propriété de l’Eglise romaine, Maguelone allait au cours du XIIe siècle servir à plusieurs reprises de terre d’asile temporaire aux pontifes fuyant Rome et l’Italie en proie aux factions. Prestige et richesse amenèrent au XIIe s. l’édification d’une nouvelle Cathédrale plus vaste, d’un cloître à deux étages, de logis pour l’évêque et les chanoines, ainsi que de nouveaux bâtiments pour assurer une large hospitalité. Cette entreprise considérable fut conduite avec obstination par les évêques Raymond (1129-1158), Jean de Montlaur (1158-1190), Guillaume Raimond (1190-1197) et Guillaume de Fleix (1197-1203), dont la «Vieille Chronique de Maguelone» nous a retracé les étapes.

Un temps, Maguelone fut proclamée second lieu saint de la chrétienté d’Occident. En effet, en 1096, le Pape Urbain II (1088-1099), à l’origine de la première croisade un an plus tôt, séjourne dans l’île. Il proclame son église «la seconde après celle de Rome», lui accorde le port des armes pontificales (les clés de Saint Pierre) et octroie une indulgence plénière consistant à absoudre un pratiquant de ses péchés confessés, à tous ceux qui recevraient sépulcre dans l’île.
Par la suite, les Evêques délaissèrent la « cathédrale-forteresse » et prirent l’habitude de vivre à Montpellier, ville cosmopolite en pleine expansion et au climat bien moins sévère que celui des lagunes côtières. Ils laissèrent la gestion de la cathédrale (et de ses biens) entre les mains d’un Prévost. En 1536, François 1er fit transférer définitivement le Chapitre au Diocèse épiscopal de Montpellier. L’île fut progressivement laissée à l’abandon et au pillage jusqu’à ce que Richelieu ordonne en 1632 le démantèlement « au canon » du siège épiscopal,, contre les forces protestantes qui s’y repliaient. Les ruines de la cathédrale devinrent biens de la République vers 1790. Elles furent vendues à des particuliers qui cédèrent en partie les pierres pour la construction du canal du Rhône à Sète.
Les derniers propriétaires laïcs furent les membres de la Famille Fabrège, à qui l’on doit la préservation et la restauration du monument ainsi que l’essentiel de nos connaissances sur son histoire. Sous décision testamentaire, la cathédrale (re)devint un bien du Diocèse de Montpellier qui confia sa gestion à une Association de notables montpelliérains, Les Compagnons de Maguelone. En respectant les vœux de Frédéric Fabrège et de sa sœur, le site est en grande partie resté un lieu de silence, de méditation et un lieu d’accueil des gens humbles et déshérités (le CAT de Maguelone).
Pour plus d’infos, lire la page « Maguelone dans l’histoire antique et moderne » du site des Compagnons de Maguelone, dont sont extraits la plupart des informations historiques rapportées ici ; mais encore sur Muselat, ou encore sur l’Amelier.
Une exposition par les étudiants en Master 2 Mondes Médiévaux installée dans le chœur autour de l’autel permet d’en savoir un peu plus sur l’aspect historico-artistique de la cathédrale. Une autre exposition disposée dans les jardins environnants, sous l’ombre et l’arôme des grands pins, donne à découvrir une partie de l’œuvre picturale de Richarme, fervente amoureuse de ce lieu.
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L’art des bâtisseurs en Languedoc

Un Hérault féodal
L’Hérault est un carrefour entre l’Italie du Nord et la Catalogne depuis l’Antiquité. Entre le IVe et le VIe siècle, le christianisme s’y développe et plusieurs évêchés, dépendants de l’archidiocèse de Narbonne, y sont fondés : Bézier, Agde, Maguelone et Lodève. Par la suite, des communautés monastiques s’implantent à Aniane, Saint-Thibéry (fin VIIIe siècle), Gellone (début XIe siècle) et Saint-Pons (936).
Aux Xe et XIe siècles, l’affirmation de la féodalité fractionne l’autorité en multiples cellules autonomes et conforte le cloisonnement des pouvoirs. La dynastie des Guilhem de Montpellier (958-1213) s’impose alors par les armes aux côtés des évêques et favorise, au XIIe siècle, l’essor d’ordres religieux tels que les Cisterciens, les Grandmontains ou les Templiers. Ce contexte favorise le développement de nouvelles formes architecturales et décoratives traditionnelles nommées « art roman » par l’historiographie.
Et l’art roman fut
Le terme « roman » apparaît au XIXe siècle, précisément en 1818 sous la plume de l’archéologue et historien de l’art Charles de Gerville, qui justifie son usage par dérivation de l’adjectif « romain ». Ainsi, l’art roman serait l’héritier stylistique de l’art romain. Séduit par la proposition, son ami Arcisse de Caumont, considéré comme le père de l’archéologie médiévale en France, vulgarise la notion. Et pour cause, les deux hommes font alors partie du mouvement romantique, qui cherche à réhabiliter le Moyen Âge dans l’art comme dans l’histoire.
En ce siècle qui est également celui de la construction de l’idée de nation et du « roman national », Gerville ordonne pour la première fois l’histoire de l’architecture en périodes. Les érudits organisent alors progressivement la diversité stylistique en « écoles régionales » sous-tendant une production artistique cloisonnée et fonctionnant à la manière d’académies.
En Languedoc, Jules Renouvier (804-1860), Louis Noguier (1818-1904) et Émile Bonnet (1863-1942) en sont les fiures de proue. Au XXe siècle, Maurice Oudot de Dainville (1886-1960), Jean Segondy (1888-1976), Robert Saint-Jean (1933-1992) et Jean Nougaret (1939-2013), entre autres, poursuivent et font évoluer les recherches entamées par leurs prédécesseurs.
L’architecture et le décor monumental des âges qualifiés de romans se déploient et s’adaptent aux mutations de la société du XIe au début du XIIIe siècle. Les églises possèdent une base commune – une nef et un chevet – mais se démarquent les unes des autres par le nombre de vaisseaux et d’absides, la présence ou non d’un transept, le type de voûtement – berceau plein cintre, brisé, avec ou sans doubleaux. À l’intérieur, différents aménagements – autels, chancel, stalles etc. – répondent aux besoins des religieux, des fidèles ou des pèlerins. Les décors peints possiblement nombreux ont, pour la plupart, disparu ; quant au décor sculpté, plutôt rare au début du XIe siècle, il se développe au cours du temps. Des éléments d’abord architectoniques deviennent décoratifs, c’est le cas des lésènes et des arcatures aveugles, à l’origine organes de raidissement des murs : l’opus monspelliensis, exemple plus régional hérité de l’Antiquité, résulte de l’extraction particulière du calcaire coquillier.
Quand l’Hérault s’éveille à l’art roman

Dès le XIe siècle apparaissent des formes architecturales et décoratives communes à différentes régions telles l’Italie du Nord, la Catalogne, la Bourgogne et le Midi méditerranéen. Dans l’Hérault, trois édifices en sont représentatifs : les abbatiales de Saint-Guihem-le-Désert et de Sainte-Marie de Quarante ainsi que l’élise prieurale de Saint-Martin-de-Londres.
À partir de 1040, la construction de l’église de l’abbaye de Gellone (Saint-Guihem-le-Désert) constitue un exemple majeur de cette architecture. Abritant les reliques de Saint Guilhem ainsi qu’un morceau de la Vraie Croix, l’édifice devient un haut lieu de pèlerinage. Il se distingue par un appareil régulier fait de petits moellons de calcaire froid, renforcé d’arcature aveugles et de lésènes. Des niches couronnent l’abside principale.
À Quarante, l’église Sainte-Marie possède des caractéristiques similaires. Les bas-côtés y sont toutefois couverts de voûtes d’arêtes à cinq voutes qui s’adaptent à de larges travées. Elle abrite deux tables d’autel en marbre blanc à décor antiquisant de lobes, perles et oves. Ce remarquable mobilier liturgique a été consacré en 1053.
L’église de Saint-Martin-de-Londres (fin du XIe siècle se démarque par son plan tréflé comparable à celui de Saint-Nicolas de Gérone en Catalogne. Son appareil soigné de moellons réguliers porte des traces de taille « en feuilles de fougère », aussi observables à Saturargues. Cet édifice préfigure les constructions romanes à venir.

La belle Maguelone : calcaire coquillier et crustacés
Isolée sur une île, la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone est attestée dans un document de 819 qui en établit les droits et possessions. Elle est rattachée au Saint-Siège en 1085. Cependant, les recherches archéologiques attestent d’une implantation chrétienne dès l’Antiquité tardive, À la fin du XIe siècle et tout au long du XIIe siècle, le site se développe et les édifices sont fortifiés pour défendre sa position et le littoral.
La cathédrale actuelle, héritée du XIIe siècle, suit un plan en croix latine, commun dans la région. Il se compose d’un chevet polygonal flanqué de deux absidioles en pattées, d’un transept saillant et d’une nef à vaisseau unique. À l’Ouest est conservée une tribune destinée au chœur des chanoines.
Les murs intérieurs, en calcaire coquillier fragile, sont protégés par un parement extérieur en calcaire froid résistant à l’érosion. Avec sa voûte en berceau brisé et ses arcs à triple rouleau sur colonnes engagées, l’édifice possède un décor inspiré des premières constructions romanes dans l’abside : cordon de dents d’engrenage et festons d’arcatures sur colonnettes. Dans la nef, les chapiteaux sont nettement antiquisants et interprètent l’ordre corinthien. Le portail, protégé par un assommoir, est, quant à lui, composé de remplois antiques, de reliefs romans et d’un tympan annonçant le gothique.
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Le roman du gothique
La transition du roman au gothique ne résulte pas d’une soudaine métamorphose : c’est le fruit de l’utilisation progressive de techniques et d’une esthétique qui aboutit à une architecture et un décor nouveaux. Certaines caractéristiques qui apparaissent comme « l’essence » du gothique à notre œil contemporain sont ainsi mises en place dans l’art roman, parfois très tôt, notamment en Languedoc.
La voute sur croisée d’ogives résulte d’expériences antérieures au XIIe siècle et offre une meilleure répartition des poussées sur des points précis, permettant ainsi aux murs d’accueillir de plus grandes ouvertures. Elles sont à profil rectangulaire dans les bras du transept de la cathédrale de Maguelone, couverts aux alentours de 1129, et s’arrondissent par la suite, comme dans le vestibule de l’abbatiale de Gellone à Saint-Guihem-le-Désert ou dans le chœur de l’église Saint-Hippolyte de Loupian, dans la seconde moitié du XIIe siècle.
Si la croisée d’ogives a un rôle structurant, elle permet aussi d’organiser l’espace ecclésial et liturgique en mettant certaines parties de l’édifice en valeur (Maguelone) ; elle peut aussi être décorative et, dans ce cas, non porteuse (Loupian).
Extraits de l’exposition des étudiants en Master 2 Mondes Médiévaux

Lexique architectonique
La nef est la partie de l’église comprise en longueur entre le portail et le transept (ou le chœur)et délimitée en largeur par les deux rangées de piliers soutenant la voûte. Au centre de l’église, elle est dite principale, c’est le plus grand espace de l’ensemble.
Le chevet (du latin caput, « tête ») désigne généralement l’extrémité d’une église, parce que, dans les édifices de croix latine, le chevet correspond à la partie de la croix sur laquelle le Christ crucifié posa sa tête. Il comprend l’ensemble des murs, fenêtres et toiture du chœur, du déambulatoire s’il y en a un et, éventuellement, de la ou des chapelles, rayonnantes avec absidioles, ou échelonnées. L’entrée d’une église est généralement appelé narthex.
Le chancel est une clôture basse en bois, en pierre ou en métal qui sépare la nef d’une église chrétienne, où sont réunis les fidèles, du chœur liturgique réservé au clergé.
Les stalles sont les rangées de sièges, liés les uns aux autres et alignés le long des murs du chœur des cathédrales ou églises collégiales et abbatiales,
Une lésène est une bande verticale de faible relief, étroite et légèrement saillante dans l’épaisseur d’un mur extérieur, l’animant par une ombre projetée. Son équivalent horizontal est appelé corniche. La lésène ne possède, à la différence des pilastres, ni base ni chapiteau.
Une arcature peut être « à claire-voie » ou bien « aveugle » lorsqu’il s’agit d’ouvertures simulées ou au fond muré. Les arcatures sont de petites arcades décoratives continues, réelles ou aveugles, que supportent des colonnes, des consoles ou des corbeaux.
Le lobe est un terme d’art : c’est un encadrement de baie, en pierre de taille, en forme de dentelle, découpé en nombre impair, divisé en compartiments (trilobé, quadrilobé…)
Un ove (terme utilisé en architecture et en orfèvrerie) est un motif ornemental en forme d’œuf qui orne une corniche ou une moulure.
Ordres religieux évoqués
L’Ordre cistercien, ou ordre de Cîteaux, est un ordre monastique catholique. Son origine remonte à la fondation de l’abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme en 1098 : il est toujours vivant, sous la forme de deux ordres distincts, l’un « de la commune observance », l’autre « de la stricte observance ». L’abbaye de Cîteaux est située sur le territoire de la commune de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux, canton de Nuits-Saint-Georges, dans le département de la Côte-d’Or, en Bourgogne-Franche-Comté.
L’Ordre de Grandmont est un ordre monastique catholique originaire du Limousin fondé vers 1076 et dissous en 1772, répandu de l’Angleterre à l’Espagne. Le prieuré Saint-Michel de Grandmont est un ancien monastère de cet ordre qui se trouve sur le territoire de la commune de Saint-Privat, dans le département de l’Hérault. Il est situé dans un lieu isolé, à 440 mètres d’altitude, dans une forêt de chênes et à environ 10 km à l’est de Lodève.
L’Ordre du Temple est un ordre religieux et militaire français issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres sont appelés les Templiers. Il œuvra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l’accompagnement et à la protection des pèlerins qui voyageaient pour aller prier dans le saint sépulcre de Jésus-Christ à Jérusalem, dans le contexte de la Guerre sainte et des croisades. Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d’Acre de 1291, l’Ordre fut, en France, victime de la lutte entre la papauté avignonnaise et le roi de France Philippe le Bel. L’ordre des Templiers fut dissous par le pape français Clément V, le 22 mars 1312, date à laquelle il fulmina la bulle Vox in excelso, officialisant la dissolution de l’ordre du Temple, à la suite d’un procès en hérésie.
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Légende galerie photos :
Dans l’ordre, la porte d’accès Nord à l’île datant du XIXe siècle – le portail sculpté de la cathédrale – murs extérieurs Est – l’intérieur, chœur, nef et transept, plateforme du premier étage – escalier menant au premier étage, marches aménagées en fonction des pas de la mule papale – autel à la Sainte Vierge – stèles de quatre ecclésiastes – porte principale – mur extérieur en calcaire coquillier érodé – Chapelle Sainte Blaise – vues de l’île avec ses terrains agricoles, ses vignes
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Colette Richarme (1904-1991)
« Née le 24 janvier à Canton, Colette Richarme a passé ses 9 premières années en Chine. Initiée très tôt au dessin par sa mère, elle peint dès son plus jeune âge. Après une adolescence passée en Savoie, elle se marie à Albertville en 1926. De 1935 à 1937, les circonstances familiales l’amènent à Paris où elle fréquente pendant près de 2 ans les ateliers de la Grande Chaumière. Mais c’est à Montpellier que débute véritablement sa vie d’artiste, très orientée vers ses propres recherches. Ses dernières années ont été consacrées à la simplification des formes, au eu des résonances de couleurs et à une réelle jouissance de la peinture. Elle décède le 27 février 1991 à Montpellier.
Elle laisse une œuvre importante où l’huile et le dessin signent tour à tour l’évolution de sa création. Elle est rentrée dans les collections comme à Montpellier, aux musées Fabre et Atger ; à Sète, au musée Paul Valéry ; dans le Gard, au musée d’art sacré à Pont-Saint-Esprit et au musée Albert André à Bagnol-sur-Cèze.
Richarme et Maguelone
Dans les années 40 et 50, de longues promenades entre mer et étangs conduisent Richarme par tous les temps jusqu’à Maguelone, « la cité d’art, la citadelle rêveuse, perdue dans un silence bruissant que ponctue l’éclatement des pignes, le cri anormal des paons (…) les acanthes, desséchées, altières, aussi rousses que les vielles pierres où Saint Pierre tend la clef… des songes… » Journal, 10 août 1948
Au cours de ces ballades, elle note à la gouache les atmosphères, les couleurs, les lumières… près d’une centaine de gouaches de petit formats qui deviendront source d’inspiration pour ses grandes marines 40 ans plus tard.
Pour rendre compte de cette inspiration, les Compagnons de Maguelone ont invité l’Association Richarme à composer une exposition duelle : sur le lieu qui les a inspirées, des reproductions de quelques gouaches de terrain et plusieurs grandes huiles de la maturité. Au domaine du Grand Puy, des gouaches originales et ses « petits abstraits », huiles sur carton qui sont autant de recherches colorées accompagnant son travail de peintre. Mais aussi, dans la petite chapelle dédiée à Saint Blaise, quelques reproductions d’œuvres exprimant la foi de cette peintre poétesse aux multiples facettes qui, autour de la dernière guerre, s’est passionnée pour la traduction picturale de 9 poèmes de Mallarmé, dont celui dédié à la sainte « musicienne du silence ».
Texte issus des panneaux d’exposition dans les jardins de la cathédrale de Maguelone
Les vitraux de Robert Morris
« Dans une esthétique minimale et sublime, Robert Morris reproduit à Maguelone l’onde concentrique que produit un caillou tombant dans l’eau. Les dix-sept vitraux en verre thermoformé, dans les tons bleu maritime ou miel ensoleillé, font écho à l’environnement lacustre et méridional de l’édifice. Aucun motif religieux ici, mais une ode lumineuse et méditative à la nature comme un acte de communion avec les paysages alentour.





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Pour l’église de Maguelone, Robert Morris a travaillé avec l’atelier de verriers Duchemin. Depuis plusieurs générations, ces maîtres du vitrail ont développé un savoir-faire exceptionnel, héritier de la tradition et tourné vers l’expérimentation avec des artistes contemporains comme Sarkis à l’abbaye de la Silvacane ou Jean-Michel Alberola pour la cathédrale de Nevers. »
Stéphane Cerri
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Florent Hugoniot
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SOURCES
https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/illustration/IVR91_20143402406NUC2A
https://amelier.blog4ever.com/la-septimanie-et-la-cathedrale-de-maguelonne
https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossier/IA34900908
http://muselat.chez.com/maguelone.htm
https://www.rosiedauve.com/article-maguelone-sous-un-ciel-d-azur-118812564.html
Musée Fabre à Montpellier, photo Pierre Schwartz































