Hommage à la Vierge de Guadalupe selon la Cosmovision Indigène du XVIe siècle – Pepe del Signo

Si vous visitez un jour Bahías de Huatulco, n’hésitez pas à faire un tour dans l’église qui jouxte le zócalo de La Crucecita, épicentre commercial et noyau de la zone touristique et résidentielle. Non pas pour y faire une pause fraîcheur – la chaleur et l’humidité permanente s’engouffrent partout sur la côte pacifique de Oaxaca au Mexique, ce qui n’empêche pas de s’y assoir sur un banc et méditer ou faire une prière – mais pour contempler une oeuvre unique : Homenaje a la Virgen de Guadalupe según la Cosmovisión Indígena del siglo XVI (Hommage à la Vierge de Guadalupe selon la Cosmovision Indigène du XVIe siècle). Longue de 20 mètres, et large de 5 mètres environ, cette fresque est peinte sur la voute de l’église moderne aux allures baroques, sachant que La Crucecita a été fondée lorsque le tourisme a commencé à se développer sur cette partie de la côte dans les années 1980, sous l’impulsion de la FONATUR.

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Besoin de réalité (4)

L’épreuve de la post-vérité

On se tâte parfois, on se pince en se demandant dans quel monde on vit :

  • celui que supportent nos pas et écoutent nos oreilles, que nos propres yeux voient, et à partir duquel nous pensons et agissons en fonction du saisissement des éléments qui nous viennent, nous pénètrent via notre propre appréhension sensible des choses ; en effet, nous pouvons – ou nous pouvions, nous le croyions jusqu’à présent – avoir une image, une compréhension et une analyse du monde extérieur en fonction de différents critères d’évaluation personnels et internes, dont la mémoire, l’esprit logique ou rationnel, la connaissance et l’intuition.
  • ou celui qui nous est offert par Internet, les réseaux sociaux et la sphère débordante de la communication, désormais elle-même majoritairement digitalisée ; un monde qui ne s’éfleure que du bout des doigts, sur le clavier ou l’écran, dans lequel on entre uniquement en esprit, en projection et en imaginaire, et qui nous propose une autre lecture de notre réalité, du monde, via des connections, des informations, des archives galopantes et des analyses externes. Mais aussi une relecture selon des intérêts qui nous sont de moins en moins personnels, dans une guerre de l’information de plus en plus intense.
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Costa del Pacifico, été 2021 – Street art

Mural de Val Tchang y Gustavo Cruz – Parque Nacional Huatulco, Wildcoast Costasalvaje, CONAMP, INJHUX, Colectivo Tilcoatle – Huatulco 2021

En cette fin d’été humide qui se traîne dans le sud du Mexique, d’averses en éclaircies, d’éclaircies en orages, faisons un petit retour dans le temps et dans l’espace pour nous revigorer : retournons sur la côte du Pacifique, pendant ce beau mois de juillet 2021. L’occasion de s’arrêter un moment à Puerto Escondido, un peu plus au sud après une courte étape à Huatulco, État de Oaxaca, auprès du Colectivo Tilcoatle, et de son principal animateur Chucho.

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L’enfant cannibale

Qui es-tu Monsieur Y ?

Un enfant qui a grandi trop vite, un enfant prisonnier dans un corps d’homme.

Un adolescent qui s’amuse des autres, de la réalité extérieure, un jeune homme qui se joue de l’amour et du temps linéaire des adultes. Tu es un éternel retour vers le monde de l’enfance.

Ton JE insaisissable, tout en fuites et feintes, en apparitions décroissantes comme la lune, tes petits pas, tes va-et-vient, ta danse un peu gauche qui m’a tant amusée puis donné vertige et nausée, tout cela finit toujours par s’éclipser dans ton refuge, cette prison puérile et si transparente pour les autres, ceux dont tu souhaites attirer l’attention.

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Oaxaca street art, été 2021 – 2

Deuxième sélection, plus picturale et colorée. Dans l’ordre du diaporama, les premières oeuvres se trouvent dans le centre-ville historique et le quartier chic de Xoximilco, voué à l’Airbnb pour touristes étrangers – jusqu’aux fresques fleuries et raffinées, avec les signatures de Auriestome, Antoniotos, Rodrigo Leon et Edda Hermon pour rOdleo79, et même d’un artiste français César Malfi. Celles qui suivent sont situées dans un quartier plus populaire, accroché aux flancs du Cerro del Fortin en direction d’Etla, avec notamment des compositions au graphisme tranchant et affirmées de Kompazuchil Studio et un marqueur Coyote.

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Oaxaca street art, été 2021 – 1

Depuis début 2021, la ville de Oaxaca est progressivement revenue à ses occupations habituelles : le tourisme national et international, la production artisanale de qualité, les commerces, les loisirs et la nuit, l’administration. Les écoles vont finalement rester fermées jusqu’à la fin de l’année, ce qui ampute une part importante du retour à “la vie normale”. La Culture est toujours un peu en panne, surtout face au redécolage de l’industrie touristique. La fermeture qu’on espère temporaire du MACO et la disparition de la Casa de Cultura ne sont pas des bons signes dans l’époque actuelle du néolibéralisme et de l’invidiualisme débridé, du tout fric.

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Le MACO, dernières expositions

Le Musée d’Art Contemporain de Oaxaca est un des lieux culturels les plus prestigieux et renommé de la ville. Ou plutôt aura été, car cet espace d’exposition voulu, géré et suivi de près par Francisco Toledo, grand artiste oaxaqueño disparu il y a deux ans, est l’objet de rivalités pour garder en l’état la structure ou la remplacer par un autre projet, pas forcément artistique. En effet, le MACO se situe dans une magnifique villa à double patio du centre-ville, qui est désormais devenu une proie pour les investisseurs immobiliers et les acteurs principaux de l’industrie du tourisme au niveau local.

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Quatre images du Pacifique – 4

Saynète [courte pièce comique avec peu de personnages]

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Sur le rivage de l’océan se produisent toute sorte de scènes touchantes, telles ces trois premières images ou cartes postales animées : L’homme et l’enfant, La jeune femme et la mer et La femme un peu crâne.

On y croise aussi des inconnus, qui préoccupés, perdus dans leurs pensées, qui désoeuvrés et ne paraissent pas vraiment à leur place. C’est pour cela qu’ils marchent incessamment au bord de l’eau ou s’agitent en permanence sur leur serviette, ne peuvent pas se déconnecter aux réseaux sociaux, oublieux de la beauté qui les entoure ; d’autres pourtant semblent très proches, accessibles juste le temps d’un soupir. Mais ce ne sont que des figurants dans la mise en scène balnéaire. Parfois, en déambullant sur les zones plus désertes de la plage, au détour d’un parasol, on trouve des joyaux de présence et de vie, et on plonge dans un regard grand ouvert, une brillance fulgurante dans un moment volé ou consenti de complicité. Cela va rarement plus loin qu’un échange de sourires, mais ce rayon de soleil entrevu le matin nourrira la journée entière.

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Quatre images du Pacifique – 3

Œuvre [du latin opera : « travail »]

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3 – La femme un peu crâne

Elle avait traversé son champ de vision de la droite vers la gauche, dans un mouvement très ample et avec un naturel abouti. Bruno contemplait alors les reflets de lumière sur les vaguelettes. Lorsque leurs deux regards se croisèrent, la femme dans tout l’éclat et la majesté de sa maturité le gratifia d’un large sourire. Mais il ne sut pas vraiment si celui-ci lui était destiné, ou si celle-ci l’affichait par bravache : combien de touristes qui longeaient à pas comptés les petites rues de la station touristique semblaient y afficher une mine réjouie en permanence, avec un sourire convenu, teinté parfois d’une forme de détachement qu’il estimait plus feinte que réelle ? Une attitude qui lui semblait au final un peu obligée, empruntée.

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Quatre images du Pacifique – 2

MÉDITATION [du latin « meditare », qui signifie « contempler », la méditation est une pratique qui consiste à entraîner l’esprit afin qu’il se libère des pensées négatives et néfastes]

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2 – La jeune femme et la mer

La jeune femme se tenait bien droite, assise en position du lotus devant la mer agitée, le menton légèrement rentré dans les épaules et la nuque étirée. Elle s’était isolée du va et vient des habitués de la plage en s’aventurant sur un promontoire rocheux relativement bas, situé au bout d’une petite langue de sable. Celui-ci, facile d’accès la plupart du temps, permettait d’apprécier la vue du large sans aucun obstacle visuel. Le sol était rugueux et douloureux au contact des pieds, et les visiteurs y stationnaient un court moment, généralement le temps d’un ou deux selfies.

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