La promenade au Frioul

Enfin ! Le ferry faisait sa manœuvre pour s’échapper du Vieux-Port. Après avoir inhalé un moment les émanations de fioul tout en s’asseyant sagement sur les bancs de proue, les touristes respiraient mieux. Une femme avait posé un mouchoir en papier sur son nez pour se protéger très inélégamment du soleil. Celui-ci, déjà généreux en ce milieu de matinée estivale, dardait ses rayons sur les casquettes et les chapeaux de toile, ponctuait d’éclairs lumineux les lunettes noires, bleues, orangées et faisait briller les regards. Les quais glissaient en douceur, des yachts de toute dimension s’alignaient, bien rangés. Leurs mats et leurs gréements faisaient comme une résille blanche, un filet de protection à Notre Dame de la Garde posée en arrière-plan. Lire la suite

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Nantes street art – le parc de la Loire

Sur l’Île de Nantes, landidididoudan didoudi landi landidididoudan… Y’avait un gros chantier naval, reconverti en partie en parc de loisir et de flânerie. D’un coup de baguette magique, la SAMOA a transformé les anciens chantiers Dubigeon fermés en 1987, en une zone urbaine moderne rassemblant patrimoine industriel, architecture contemporaine, parcs et œuvres d’art. Ainsi, depuis le début des années 2000, ce qui n’était qu’un no man’s land est devenu une expérience architecturale à ciel ouvert regardée depuis Paris et plus loin encore, un lieu de rendez-vous du tout-Nantes et un bel atout touristique. On retiendra dans l’aventure de cette reconversion urbaine les noms de l’architecte Alexandre Chemetoff, mais aussi de la paysagiste Jacqueline Osty et l’urbaniste Claire Schorter pour la pointe sud-ouest, qui nous intéresse particulièrement ici. Lire la suite

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Hêtre ou ne pas être : métaphore de l’Arbre

Nous sommes de plain-pied dans une époque où la déconstruction (sous une forme mal digérée, que Jacques Derrida a théorisée ) est devenue le mode majeur des discours que nous entendons dans pratiquement tous les domaines : en philosophie, en art, en politique, en psychologie, en économie… On se doit de penser « contre soi-même », démonter son mécanisme interne pour mieux se comprendre et se transformer, changer et réformer telle habitude, dérèglementer telle structure de protection sociale. Or, face au dogme du pragmatisme, toute certitude est désormais suspecte. Le cynisme, la mise en abime et les jeux de miroir, la remise en question de toute forme d’autorité et de souveraineté, le relativisme dans des débats stériles, allant jusqu’à la mise en doute systématique – et certainement pas cartésienne – de tout et n’importe quoi, sont les conséquences les plus évidentes désormais de cette mode de la déconstruction. Ses effets pervers ont pris le devant de la scène intellectuelle, car comme le constatait Guy Debord, le faux est réellement devenu un moment du vrai. Plus rien n’a de valeur propre ni fixe, avec cette affirmation récurrente que tout est relatif, aléatoire et changeant, voire interchangeable.

Je m’opposerai ici en faux, dans une tentative de reconstruction, ou de retour à une réelle dynamique de construction, intime, personnelle et sociale, avec l’Arbre comme support symbolique. Lire la suite

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La plage du Boucanet – été 2018

Le Grau-du-Roi, on embarque pour un futur meilleur !

Un an après Le spot de la plage du Boucanet, voici un nouveau tour de piste dans dans cet  hôpital à l’abandon depuis 2012, anciennement dédié à la rééducation des grands malades et situé entre La Grande Motte et le Grau-du-Roi. Sa destruction est prévue à l’automne 2018 donc courrez vite découvrir ce site incroyable si vous êtes dans la région ! Plus 2-3 clichés pris entre Montpellier et Sète. Lire la suite

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Éloge de l’école buissonnière

Ensemble de sculptures en porcelaine, musée de la Chasse et de la Nature – Laurie Karp

Entrer dans le musée de la Chasse et Nature, c’est se mettre en position à la fois de guetteur, de proie et de prédateur. C’est prendre le risque d’une expérience unique et inestimable par ce qu’elle offre comme renversement des formes et des angles de vue, émoustillante pour les sens et excitante pour les neurones. C’est se confronter, en plein Paris, avec l’organique, retomber dans le monde grouillant et dégoulinant du vivant, des émotions, pénétrer dans le ventre de la Nature. Mais c’est aussi prendre de la hauteur grâce à la mise à distance que permet l’approche artistique. Lire la suite

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Street art – Cancún et Isla Mujeres

Cancún. Aéroport international pour tourisme de masse. Ville nouvelle en croissance avec plus d’un million d’habitants aujourd’hui. Ville anarchique, elle s’étend en fonction des terrains qui se vendent et s’échangent, en sacrifiant les mangroves. Ville sans skyline séduisante depuis la mer, sans caractère. Je n’ai vu qu’une partie du centre, des fraccionamientos (quartiers résidentiels protégés) dans des quartiers assez retirés et l’embarquadaire pour Isla Mujeres. Lire la suite

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La part des choses

Théâtre de la Mer, Sète, juillet 2018

Un Tour de France… C’est de cela dont j’avais envie, un désir dévorant du pays natal, comme un beau fruit à croquer qui aurait mûri en pensée. Envie de rassasier cette envie, de me laisser glisser sur les routes et les rails, sur les sentiers de France. De tracer des itinéraires sur la carte. Envie de voir ou revoir différents paysages et architectures, les personnes qui y sont associées. Revoir des visages aimés pour aimer dévisager la foule estivale. Pour me poser et me fuir à la fois. Rester suffisamment détaché pour être spectateur, visiteur de ce pays tant illustré, rêvé, imaginé de loin désormais.

Mais que mon corps retrouve des supports, des limites, mon esprit ses marques. Les suaves odeurs des arbres, le chant obsédant des cigales, le cri des mouettes, des chansons. L’eau qui coule, irrigue le pays, de la montagne à la mer. Envie de sens et de fraicheur, de la caresse du soleil, de ses clins d’oeil à travers les feuilles et au creux des vagues. Lire la suite

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