Oaxaca street art, été 2021 – 2

Deuxième sélection, plus picturale et colorée. Dans l’ordre du diaporama, les premières oeuvres se trouvent dans le centre-ville historique et le quartier chic de Xoximilco, voué à l’Airbnb pour touristes étrangers – jusqu’aux fresques fleuries et raffinées, avec les signatures de Auriestome, Antoniotos, Rodrigo Leon et Edda Hermon pour rOdleo79, et même d’un artiste français César Malfi. Celles qui suivent sont situées dans un quartier plus populaire, accroché aux flancs du Cerro del Fortin en direction d’Etla, avec notamment des compositions au graphisme tranchant et affirmées de Kompazuchil Studio et un marqueur Coyote.

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Oaxaca street art, été 2021 – 1

Depuis début 2021, la ville de Oaxaca est progressivement revenue à ses occupations habituelles : le tourisme national et international, la production artisanale de qualité, les commerces, les loisirs et la nuit, l’administration. Les écoles vont finalement rester fermées jusqu’à la fin de l’année, ce qui ampute une part importante du retour à “la vie normale”. La Culture est toujours un peu en panne, surtout face au redécolage de l’industrie touristique. La fermeture qu’on espère temporaire du MACO et la disparition de la Casa de Cultura ne sont pas des bons signes dans l’époque actuelle du néolibéralisme et de l’invidiualisme débridé, du tout fric.

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Le MACO, dernières expositions

Le Musée d’Art Contemporain de Oaxaca est un des lieux culturels les plus prestigieux et renommé de la ville. Ou plutôt aura été, car cet espace d’exposition voulu, géré et suivi de près par Francisco Toledo, grand artiste oaxaqueño disparu il y a deux ans, est l’objet de rivalités pour garder en l’état la structure ou la remplacer par un autre projet, pas forcément artistique. En effet, le MACO se situe dans une magnifique villa à double patio du centre-ville, qui est désormais devenu une proie pour les investisseurs immobiliers et les acteurs principaux de l’industrie du tourisme au niveau local.

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Quatre images du Pacifique – 4

Saynète [courte pièce comique avec peu de personnages]

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Sur le rivage de l’océan se produisent toute sorte de scènes touchantes, telles ces trois premières images ou cartes postales animées : L’homme et l’enfant, La jeune femme et la mer et La femme un peu crâne.

On y croise aussi des inconnus, qui préoccupés, perdus dans leurs pensées, qui désoeuvrés et ne paraissent pas vraiment à leur place. C’est pour cela qu’ils marchent incessamment au bord de l’eau ou s’agitent en permanence sur leur serviette, ne peuvent pas se déconnecter aux réseaux sociaux, oublieux de la beauté qui les entoure ; d’autres pourtant semblent très proches, accessibles juste le temps d’un soupir. Mais ce ne sont que des figurants dans la mise en scène balnéaire. Parfois, en déambullant sur les zones plus désertes de la plage, au détour d’un parasol, on trouve des joyaux de présence et de vie, et on plonge dans un regard grand ouvert, une brillance fulgurante dans un moment volé ou consenti de complicité. Cela va rarement plus loin qu’un échange de sourires, mais ce rayon de soleil entrevu le matin nourrira la journée entière.

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Quatre images du Pacifique – 3

Œuvre [du latin opera : « travail »]

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3 – La femme un peu crâne

Elle avait traversé son champ de vision de la droite vers la gauche, dans un mouvement très ample et avec un naturel abouti. Bruno contemplait alors les reflets de lumière sur les vaguelettes. Lorsque leurs deux regards se croisèrent, la femme dans tout l’éclat et la majesté de sa maturité le gratifia d’un large sourire. Mais il ne sut pas vraiment si celui-ci lui était destiné, ou si celle-ci l’affichait par bravache : combien de touristes qui longeaient à pas comptés les petites rues de la station touristique semblaient y afficher une mine réjouie en permanence, avec un sourire convenu, teinté parfois d’une forme de détachement qu’il estimait plus feinte que réelle ? Une attitude qui lui semblait au final un peu obligée, empruntée.

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Quatre images du Pacifique – 2

MÉDITATION [du latin « meditare », qui signifie « contempler », la méditation est une pratique qui consiste à entraîner l’esprit afin qu’il se libère des pensées négatives et néfastes]

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2 – La jeune femme et la mer

La jeune femme se tenait bien droite, assise en position du lotus devant la mer agitée, le menton légèrement rentré dans les épaules et la nuque étirée. Elle s’était isolée du va et vient des habitués de la plage en s’aventurant sur un promontoire rocheux relativement bas, situé au bout d’une petite langue de sable. Celui-ci, facile d’accès la plupart du temps, permettait d’apprécier la vue du large sans aucun obstacle visuel. Le sol était rugueux et douloureux au contact des pieds, et les visiteurs y stationnaient un court moment, généralement le temps d’un ou deux selfies.

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Quatre images du Pacifique – 1

LEVER DE RIDEAU [moment où le rideau se lève et découvre la scène du théâtre aux spectateurs]

L’océan ne chariait pas la même fureur que la précédente fois ; cela, Bruno avait pu le noter dès son arrivée, juste en écoutant le chant de l’océan depuis le colectivo, un de ces petits véhicules à plateforme et bancs en bois qui desservent tous les villages de la côte. En descendant la dernière pente avant San Agustinillo, Oaxaca, le décor végétal et mineral s’ouvre sur un magnifique panorama. Effectivement, la pédiode de forte houle (mar de fundo) était passée et seules quelques vaguelettes clapotaient encore gentiment dans la lumière de cette fin d’après-midi un peu nuageuse. Après une courte promenade sur la plage presque déserte et bien entamée par les précédentes lames de fond, il eu envie de revoir le lieu où il était resté une semaine, dans cette cabane en briques et en bois, accrochée sur un versant de colline rocheuse, en surplomp et face au large. Une semaine pendant laquelle, depuis la petite terrasse aux lattes de bois ajourées, il s’était laissé complètement immerger dans le son omniprésent des vagues : un vombrissement profond et langoureux rythmé par des avalanches maritimes blanches, longues et irrégulières.

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La démocratie est-elle dans la rue ou sur les murs ?

Le Mexique oppulent et dormant à côté de la population oubliée, los olvidados

Ci-dessus, une illustration du Mexique oppulent et dormant à côté de la population oubliée (los olvidados)

C’est une période électorale importante qui a lieu simultanément dans chaque État du Mexique. Ce grand pays étant une fédération d’États, un peu comme aux USA, avec une représentation législative dans chaque capitale, et une centralisation à Mexico, les élections législatives mexicaines de 2021 ont lieu le dimanche 6 juin afin de renouveler les membres de la Chambre des députés de Guadalajara, Zacatecas ou encore Oaxaca par exemple.

À Oaxaca comme ailleurs, le ballet des véhicules publicitaires dans les rues, accompagnés de slogans plus simplistes les uns que les autres et de chansons enfantines, bat son plein. Les stratégies de communication dépensent des millions de pesos pour atteindre leur but, convaincre par tous les moyens les électeurs pour assurer la victoire de tel ou tel parti politique.


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Misère et sacrifices de la Coronafolie

Esthétique de la peur virale 2020-2021

Fresque murale, Oaxaca, oct. 2020, Cesar Viyegas – Instagram : cesar.viyegax

En ce début d’année 2021, de grands espoirs se font sentir. Oh, finalement rien de très exceptionnel, car les belles utopies semblent mortes avec le XXe siècle. Désormais on ne peut pas se permettre d’attendre un immense « plus », mais un petit mieux, un moins pire. Par exemple, on aimerait bien sortir du marasme que l’arrivée du Covid19 a provoqué dans le monde entier l’année dernière, une année 2020 tout au long de laquelle nous avons assisté à la globalisation et à l’accélération d’une réelle panique sanitaire, sans précédent dans l’histoire des sociétés humaines. Un danger sur la santé extrêmement médiatisé, faisant primer la peur au sang-froid, les effets de buzz à chaud et les annonces fracassantes à la froide et hésitante démarche scientifique. Il faut dire que l’époque nous rend tous et toutes un peu fous-folles…

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El Tule, suspendu entre terre et ciel

L’arbre du Tule, c’est « l’âme verte » du village du même nom, situé à une douzaine de km de la ville de Oaxaca, sur la route de Mitla. Dans ce pittoresque village, un immense arbre vieux de certainement plus de 2000 ans, trône dans un angle de la grande place du zócalo, entre la mairie et l’église. Majestueux du haut de ses 41 m, il entrerait dans un immense cube puisque sa largeur maximale fait 42m. Cet arbre est un cyprès de Montézua (Taxodium mucronatum), appelé Ahuehuete en langue Nahuatl et qui signifie le Vieux de l’eau (Viejo del agua). Ce cyprès a le plus grand diamètre de tronc du monde car il mesure 14 m et sa circonférence fait presque 44 m. Il faut qu’environ 30 personnes se tiennent par les mains pour pouvoir entourer l’arbre dans une belle embrassade végétale.

C’est aussi une magnifique illustration grandeur nature de l’Arbre de Vie.

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