Besoin de réalité (5)

La Réalisation

Je reprends ce projet d’écriture, laissé en plan depuis l’arrivée d’une nouvelle donnée incontournable dans nos réalités plurielles, qu’on peut indéniablement qualifier d’irruption dans le réel à un niveau universel : l’épidémie de Covid, survenue début 2020 avec le chamboulement qui en a suivi dans nos vies respectives. En considérant déjà que la manière concrète de vivre ce nouveau paradigme n’a pas été équivalente, loin de là, que l’on vive en Asie, en Afrique, en Europe ou dans les Amériques. Pour ma part, j’ai suffisamment documenté ces deux années de coronafolie – douce au Mexique, furieuse en France – pour ne pas y revenir dans le texte qui suit.

J’avais initialement prévu de publier La réalisation en conclusion de deux autres textes en chantier. L’un concerne la psychanalyse et la réalité, vaste perspective, et l’autre est sensée terminer les deux premières parties sur la philosophie et la réalité avec une vulgarisation des différents courants dans la philosophie contemporaine, après la grecque (La philosophie grecque et la réalité) et la moderne (La réalité et la philosophie occidentale).

L’épreuve de la post-vérité s’est insérée dans ce moment tout à fait inédit de l’apparition d’une nouvelle maladie, moment révélateur et glaçant  à bien des égards, et a un peu perturbé cette belle ordonnance, court-circuité mes recherches studieuses et sereines, tout comme la parenthèse Covid s’est invitée dans notre réel sans d’ailleurs complètement se refermer. Mais au fur et à mesure de cette enquête passionnante accompagnée d’une quête toute personnelle, je suis arrivé au moins à une évidence : il ne faut pas méconnaître ses limites et espérer accéder à des niveaux intellectuels très subtils si on ne possède pas les connaissances et l’érudition nécessaire, malgré l’immensité des bases de données à laquelle une bonne connexion Internet nous donne accès.

Ne comptant que sur mon expérience propre, je persiste et continue de plonger avec mes moyens du bord toujours plus loin dans l’intimité de mes états d’âme, de faire fonctionner mon esprit logique et de laisser bourgeonner mes émotions afin d’accéder, autant que se peut, à un langage universel via la mise en ordre et le partage de mes pensées. Certainement, vivre à distance de ma culture mère et de mon pays natal depuis 10 ans m’on donné le recul nécessaire pour ne pas me noyer définitivement dans mon moi, sans non plus me dissoudre dans mon pays d’adoption et de floraison qu’est le Mexique.

J’ai traité sous un angle différent, avec Le temps des nouvelles croyances un autre aspect de la question. Initialement je souhaitais intituler cette partie « La réalité et les religions » , titre oxymore s’il en est. Mais le sujet des religions a fini par me lasser et j‘en resterai là avec ce texte. Celui-ci est certainement le plus ancré dans une réalité précise, au risque de paraître vite daté, comme une sorte de reflet d’une époque abyssale et eschatologique.

Je tâcherai à présent de me détacher de l’actualité pour écrire les parties suivantes. Pour autant, l’apport des spiritualités orientales dans notre culture désormais globalisée et de la pratique du yoga, plus mon expérience de la méditation qui est aussi une forme de lâcher-prise, l’amour véritable de la nature – y compris celle humaine sous toute ses formes – qui amène à la transcendance, se décryptent facilement dans la plupart de mes réflexions et prise de conscience dans Besoin de réalités.

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Je trace en vrac les axes des deux autres chapitres que peut-être à l’avenir je finaliserai, avec ces problématiques :

  • la place prépondérante du désir dans nos choix et nos actions, lorsque la liberté de vivre ne se trouve point trop comprimée. La peur abyssale ou la danger de la liberté totale. Mais aussi le rôle envahissant de la sexualité comme principal moteur dans la définition de la libido, pour ce qui concerne la psychanalyse (avec Freud, Lacan, Bataille), particulièrement la jouissance masculine et la construction du féminin comme unique objet du désir sexuel ou de la conception du Beau. L’injonction au bonheur, la tyrannie du présent. L’hyper-spécialisation en tout et le manque cruel de l’esprit de synthèse comme de l’intelligence du cœur. La médecine allopathique (qui traite les symptômes) versus la médecine holistique (qui traite le patient dans son ensemble, corps et esprit et dans laquelle on peut inclure la cure par la formulation et l’art-thérapie pour guérir névroses et traumas en psychothérapie).
  • La perte de repères fondamentaux, la fuite en avant dans un vague absolu qui peuvent mener à la folie (Nietzsche, Artaud) et le relativisme partout de mise dans les spéculations philosophiques depuis la fin du XIXe siècle. Le choc de l’être humain rendu à l´état d’objet, de produit avec les aventures totalitaires, communistes, fascistes, nazies et néo-nazies du XXe siècle. La réduction de nos vies à un aspect purement matérialiste et mercantile. La perversion du déconstructivisme et l’impasse de la formule penser contre soi-même. Le naufrage de la paternité et l’évaporation de la filiation.

D’un point de vue sociologique et anthropologique, on peut aussi ajouter :

Le tour de passe-passe entre l’être et le paraître. La survalorisation, la romantisation de l’amour chez des hommes et des femmes qui ne savent plus s’accepter et s’aimer. Le développement des communautarismes, avec ses racines, sa culture, l’égotisme et l’amour-propre mal placé comme remparts au monde si vaste et si généreux. La peur ou la haine des différences, alors que nous n’avons jamais disposé de tant de moyens de nous connaître mutuellement, de se comprendre et de communiquer. La mise en spectacle du trivial, du grossier, l’éloge de la médiocrité. Le règne de là-peut-prêt, l’instrumentalisation du langage et l’inversion des mots avec la novlangue, le langage managérial, commercial, les horribles mots de ingénierie des communicants à tout vent, la croyance au performatif dans les discours les plus creux.

Une courtoisie qui manque d’aération ; l’esthétisme, l’obsession de l’ordre et la  prétention de la maitrise du temps qui révèlent plus qu’ils ne dissimulent le mal-être actuel, le malaise dans la civilisation des gagnants ou des jamais perdants, quoi qu’il en coûte.

Une fois ce diagnostique de l’Homme Malade posé (au sens d’Homo occidentalis et en tant qu’hôte des maux du monde moderne), comment guérir ou du moins survivre aujourd’hui, sans renier des parts entières de son être ? Comment ne plus se nier mais s’additionner, se multiplier ??

À l’attention du lecteur, indiquer c’est déjà faire un focus, un certain choix parmi les manifestations de notre temps. Comme dans un corps physique, le corps social est douloureux à certains endroits, avec quelques points brulants, ce qui ouvre vers une prise en main des problèmes les plus aigus, après identification des problématiques qui correspondent.

Pour ma part, les problématiques étaient identifiées en France il y a 15 ans, mais le terrain social, énergétique, thérapeutique ne convenait alors pas pour m’engager dans la voie d’une réelle guérison, particulièrement au niveau émotionnel. C’est au Mexique que j‘ai trouvé plus de ressources et de libertés pour me lancer véritablement dans la réparation de mon être abîmé. Et c’est donc dans les textes que j‘ai écrits, dans les œuvres que j’ai réalisées ici que vous trouverez les indications qui jalonnent ma réalisation.

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Le Monde est la 21ᵉ carte du tarot égyptien et du tarot de Marseille. Il est suivi de l’atout 22, Le Fou. L’archéométrie de base de l’Arcane 21 est suivant la loi de Moïse : 7 que divise 21, 3 face à 3. Elle synthétise l’ensemble du Tarot.

Une jeune femme danse dans une couronne de lauriers, symbole de victoire. Contrairement au Magicien, qui ouvre la série des Arcanes Majeurs en portant le numéro 1, elle ne tient pas une mais deux baguettes dans les mains. Elles symbolisent l’harmonie et l’équilibre.

Dansant au centre de la carte, elle est entourée des quatre signes fixes du Zodiaque, positionné aux quatre points cardinaux . Cela symbolise l’harmonie avec la Nature et la plénitude. Sa posture rappelle également celle du Pendu : elle a une jambe croisée. Alors que Le Pendu dirige son énergie et ses pensées vers l’intérieur, vers lui même, Le Monde explore l’extérieur et les possibles.

Dernier Arcane Majeur, Le Monde représente la fin d’un cycle…et le commencement d’un autre ! Carte de « tous les possibles », elle est le plus souvent de très bon augure dans les Tirages.

Bonne chance, bon accomplissement à toutes et à tous !!

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« La moindre joie ouvre sur un infini. » 

Christian Bobin

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L’écoute de soi dans toute son étendue

Ton esprit respire au même rythme que le feuillage. Tu te transportes sur une plage déserte. Le vide se fait nudité. Ta pesanteur te sert de point d’appui pour voler. Entre les jambes, l’ancre au bout de la jetée. La vague t’enroule et tu t’enfuis. Ne retiens pas ton souffle, plongeur, tu ne sais au travers de quelles obscures forces, sur quelles luminescences tu feras ton chemin.

La présence au monde

S’écouter, c’est écouter un autre, les autres aussi. Plus profond tu plonges en toi, plus ample se fait ton ouverture aux autres, car tu as moins peur. Mais tu auras tes défenses désormais : autre et moi jamais ne s’interchangeront. Nous ne voulons pas être des Docteurs Jeckill. Partager sans être dominé ni compartimenté, fragmenté. Le don te ramène à ton essence, te fait entier. Te fait accepter ton état, ta condition et ta destinée d’être humain.

Filtrer et accepter le réel

Les choses éclosent au moment adéquat. Chaque chose a son importance, qui te porte à la vigilance. Qui peut arrêter l’Océan pacifique ? La réalité fugace et intense d’une belle calenda de rentrée universitaire à Oaxaca m’attire. Le spectacle du monde est mouvant, une question de tempo.

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Fluidité, reflets et transparence

C’est le moment où l’auteur s’efface. Le regard n’est plus pollué, il happe des miroitements de vie comme les carpes et les poissons rouges gobent des bouts de pain. Les images parlent plus haut que les mots.

Oaxaca post-guelaguetza 2022, centro hístorico

Florent Hugoniot

Calenda UABJO, Oaxaca de Juárez, été 2022

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SOURCES :

https://vivre-intuitif.com/apprendre-le-tarot/signification/majeures/le-monde/

https://www.ma-consultation-de-voyance.fr/tarot-de-marseille-la-carte-du-monde.php

POUR SUIVRE :

https://blogs.mediapart.fr/mithra-nomadeblues/blog/310519/l-apocalypse-c-est-enthousiasmant

https://blogs.mediapart.fr/ekeland/blog/100822/quand-la-langue-nous-fait-defaut

El padre de la teoria de las inteligencias multiples advierte de que las sociedades desperdician el talento / Le père de la théorie des intelligences multiples met en garde contre le gaspillage des talents dans les sociétés

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