J’ai toujours trouvé amusant de constater comment notre vocabulaire et nos expressions courantes changent en fonction des transformations de la société :

– As-tu intégré ?
– Non j’imprime pas.
– Elle m’a entièrement scanné des pieds à la tête.
– Je vais te le googueliser celui-là !
C’est devenu complètement virtuel comme situation…
Simple comme un clic !
Elle a buggé, j’ai pas capté.
Allez zou, je t’efface son contact ; hop je t’écrase l’info. Non, là, je la twitte.
On se Skype ce soir ?…
– Je peux pas, je suis trop Facebooké en ce moment…
Au tournant des années 90, nous sommes véritablement entrés dans la nouvelle ère du numérique, prolongement de la troisième révolution industrielle initiée 20 ans plus tôt. L’accès aux outils informatiques s’est considérablement démocratisé, la vulgarisation des téléphones cellulaires a entrainé le déplacement des limites de l’intime, du privé et du public, entrainant des chamboulements psychologiques à tout âge. Des nouvelles expressions sont nées du frottement entre ces nouvelles inventions et nos différents champs de conscience ; elles sont très certainement une forme d’appropriation des nouvelles technologies informatiques. Mais l’évolution du langage familier « fait remonter » nos modes de pensée et de fonctionnement qui sont eux aussi en constante recomposition, comme si notre esprit se « reprogrammait ». Avec l’entrée de l’ordinateur dans la sphère privée et l’arrivée d’Internet (une fenêtre ouverte en permanence sur le monde), et l’adoption des ordinateurs portables, les IPhones puis de la tablette tactile (nouveau compagnon intime, divertissant et intelligent), de « cablés » nous sommes devenus « interconnectés ». Lire la suite →