Oaxaca street art – mars 2023

Yankel – Muro, 29/11/2022 – 🕸🧠MÉDULA🫁🕷 – #artelibrenolameculos

Chronique d’une gentrification

En cette fin d’hiver – déjà chaude pour la saison – voici un tour d’horizon artistico-urbain dans le centre historique de Oaxaca. La gentrification – ou américanisation à la sauce de la globalisation – des secteurs nord, est et centre poursuivant son œuvre, il ne restera bientôt de quartiers populaires qu’au sud de la veille ville, ceinte d’un anarchique périphérique automobile.

Ces quartiers anciens à un ou deux étages, constitués d’une imbrication de petits commerces, marchés alimentaires comme artisanaux (toujours à prix local et non en augmentation constante pour vivre exclusivement de la manne touristique), mezcalerias, bars et lieux interlopes, résistent encore à la pression immobilière en demeurant vivants, animés par de typiques Oaxaqueños des deux sexes et de tous les genres. On peut les qualifier tout à la fois de chaleureux, rudes à la tâche, ouverts à la discussion informelle, drôles, encore catholiques ou liés aux anciennes cosmogonies et croyances zapotèques. Plus quelques foraneos : Mexicains venus d’autres parties du pays et installés de longue date, étrangers expatriés et adaptés, voire complètement enracinés, dont beaucoup d’Étasuniens rebelles au système de l’Empire mais aussi des Européens. Ce sont les vestiges hippies, novateurs, libertaires ou anarchistes qui constituent le peu d’intellectuels et artistes mûrs encore actifs et pertinents de la ville, continuant de produire (arts plastiques, poésie, édition) alors que les nouveaux riches de Oaxaca privilégient les services (banques et infrastructures touristiques, économie virtuelle).

Courants migratoires à Oaxaca aux XXe et XXIe siècles

Mónica Palma Mora, chercheuse à la Direction des Études Historiques de l’INAH, vient de publier en ligne le résumé d’une enquête complète sur l’immigration étrangère à Oaxaca, particulièrement depuis les années 1960 à aujourd’hui. En voici quelques extraits éclairants traduits en français :

« L’intérêt académique pour le devenir de Oaxaca du XXe siècle s’est surtout concentré sur l’étude de certaines questions, comme son histoire politique, sa dynamique socio-économique, éducative, religieuse ; le vaste patrimoine archéologique, et la diversité ethnolinguistique et culturelle qui le distinguent. Ces dernières années, d’autres thèmes qui ont attiré l’attention des universitaires sont les mobilisations sociopolitiques, les études de genre, les études de nature écologique, la forte migration des habitants d’Oaxaca aux États-Unis et l’Histoire de l’art.

( …)

[depuis le début du XXe siècle] Plusieurs études universitaires ont fait état de la participation d’immigrants étrangers (Américains, Anglais, Allemands, Espagnols, Français) à la croissance économique ; de leur succès en tant que propriétaires agro-exportateurs, exploitants miniers, fabricants ou négociants, et les liens matrimoniaux ou de compadrazgo qu’ils ont noués avec l’oligarchie de Oaxaca et qui les a incorporés dans la classe aisée de cette époque.

Une main-d’œuvre d’origine asiatique (principalement chinoise) a travaillé, avec de nombreux Mexicains, sur le chemin de fer de l’isthme de Tehuantepec et sur les chantiers portuaires de Salina Cruz. Des immigrants originaires du Moyen-Orient (libanais, juifs, arabes) ont rejoint le commerce, activité déjà exercée depuis longtemps par les Espagnols et les Français. D’autres immigrés ont pratiqué leurs professions libérales (médecins, livres). Plusieurs de ceux qui arrivèrent à cette époque s’installèrent dans des localités de l’intérieur de l’État ; la plupart préférèrent s’établir dans la ville de Oaxaca.

(…)

Des circonstances différentes les ont amenés dans la capitale de Oaxaca, une ville où, au début, certains d’entre eux n’ont pas choisi d’établir, mais où ils ont vécu pendant de nombreuses années. À l’heure actuelle, certains sont retraités ou retirés de la vie active et, à l’exception de deux qui se sont établis depuis leur arrivée comme retraités, le reste s’est développé dans différents domaines, notamment la recherche anthropologique et dans le milieu éducatif, artistique et culturel. Ils sont donc entrés en contact et ont interagi avec des habitants d’Oaxaca, avec lesquels certains ont connu des différences ou des désaccords culturels, principalement au début de leur établissement, mais qui ne les ont pas conduits à quitter la ville.

(…)

À partir des années 1960, d’autres raisons ont commencé à s’ajouter à ceux de nature économique. Au cours de ces années a commencé l’arrivée d’étrangers intéressés par l’étude du vaste patrimoine archéologique et de la diversité ethnique et linguistique de l’État. Selon les anthropologues Nelly J. Robles et Jack Corbett, les recherches archéologiques menées par le docteur Ignacio Bernal sur plusieurs sites de l’État (Monte Albán, Coixtlahuaca et Tamazulapam) ont attiré des spécialistes étrangers, pour concrétiser des projets de recherche en archéologie, anthropologie et linguistique.

D’autres étrangers qui ont commencé à arriver dans les années soixante étaient les hippies. Leur présence était motivée par des motifs plutôt ludiques : s’amuser et expérimenter les effets des champignons hallucinogènes. Un article publié en 1957 par la revue Life, largement diffusée au niveau international à cette époque, sur le rite et la consommation de champignons à Huautla de Jiménez, Oaxaca, a suscité l’intérêt de nombreux jeunes étrangers pour visiter l’État du Sud [32] où il y avait aussi des plages vierges idéales pour des vacances. Une nouvelle vague de jeunes, américains en plus grande proportion, mais sans manquer européens et mexicains, a commencé à arriver à la ville de Oaxaca.

Vers les années 1980, le processus de mondialisation capitaliste qui a commencé à interconnecter les marchés des biens et des services, des capitaux financiers, des technologies de l’information a eu un impact sur une plus grande circulation de la publicité touristique au niveau mondial. Ce processus a été combiné avec la politique gouvernementale mexicaine de ces années et les suivantes visant à encourager le développement touristique du pays; le tourisme a été conçu comme un facteur de développement régional.

(…)

À cette époque, la promotion des attractions touristiques de l’État augmenta : la célébration de la Guelaguetza, la diversité ethnique, les sites archéologiques et les plages, la gastronomie et la fabrication de mezcal, l’artisanat et l’architecture coloniale de la ville. En 1987, la déclaration de l’UNESCO par laquelle le centre historique de la ville et le site archéologique du Mont Albán sont entrés dans la liste des sites classés au patrimoine mondial a déclenché de plus grands investissements dans l’industrie touristique (hôtels, auberges, restaurants, magasins d’artisanat). La capitale de Oaxaca a commencé à se positionner parmi les principales destinations touristiques du pays, pour les visiteurs nationaux et internationaux, et à devenir un aimant pour de nombreux étrangers intéressés à s’établir, de manière plus permanente, dans des endroits nouveaux et différents.

Simultanément, la ville de Oaxaca a commencé à acquérir un prestige croissant comme lieu de création d’arts plastiques. Cette réputation résulte de la reconnaissance nationale et internationale de l’œuvre plastique de plusieurs artistes de Oaxaca : Rufino Tamayo, Rodolfo Nieto, Francisco Toledo, entre autres ; surtout, des démarches effectuées par ces mêmes artistes auprès des autorités de la ville pour l’ouverture d’espaces qui exposent l’art oaxaqueño. Selon Abraham Nahon, [38] le travail effectué par Rufino Tamayo en 1975 devant les responsables de l’INBA pour doter le peintre Potosino Roberto Donís d’un espace où établir l’Atelier d’Arts Plastiques « Rufino Tamayo » a été fondamental. »

Le moment Francisco Toledo

Oaxaca a appris à valoriser son patrimoine culturel et naturel à travers les batailles incessantes du peintre Francisco Toledo, dans l’héritage des sobres espaces culturels qu’il a fondés pour le plaisir et la réflexion, et dont la richesse reste cachée parmi les livres, expositions, conférences, papalots, collections de graphiques de grands maîtres, mais aussi, des générations d’enfants et de jeunes ont assimilé l’engagement individuel et collectif pour la défense de causes sociales face à l’autoritarisme du pouvoir politique et économique.

Francisco Toledo est né dans la capitale fédérale Mexico le 17 juillet 1940, mais est originaire de par sa famille de l’État de Oaxaca, à Juchitán où il a grandi. Il a ensuite élu la capitale historique zapotèque à la fois comme domicile et terreau d’inspiration, et y a travaillé inlassablement pour l’enrichir de structures culturelles et artistiques ambitieuses. Dans cette longue liste des réalisations de Francisco Toledo à Oaxaca, tel un hommage officiel des autorités régionale et fédérale mexicaines, on peut en prendre la mesure :

La diversité culturelle et l’éducation dans la vision de Toledo

« Les innombrables actions pour diffuser la diversité culturelle de Oaxaca et de ses peuples originaires ont été une partie vitale du travail de Francisco Toledo, comme les différents Prix Maison de Création Littéraire atrribués par le Centre des Arts de San Agustin (CASA). De même, l’artiste a accordé des dizaines de bourses à des jeunes de l’École Normale Rurale de Tlacochahuaya pour poursuivre leurs études.

Un autre de ses grands projets ont été les éditions de jeux didactiques et de livres à colorier en langues, comme le mixtèque et zapotèque pour les garçons et les filles, sans oublier la création du Centre d’éducation préscolaire pour les enfants de San Agustin, Etla. Avec l’Université Autonome « Benito Juárez » de Oaxaca  (UABJO), il a également fondé la Bibliothèque Francisco de Burgoa, en plus de créer les Éditions Toledo, les revues Guchachi Reza (Iguana Rajada) et Alcaraván.

Francisco Toledo – Foto: Jalil Olmedo/ Cuartoscuro

Fonder des institutions pour la réflexion et la jouissance de l’art

Francisco Toledo a eu la vertu de voir dans les différents lieux qu’il a habités des espaces potentiels pour apprécier l’art et la culture, mais aussi pour réfléchir sur les problèmes qui affligent la société. L’une de ses premières contributions à la culture de sa terre fut la Maison de la culture de Juchitán, où est préservé un patrimoine archéologique de plus de 700 pièces qui sont sous la protection de l’INAH, site où le développement culturel et artistique de cette population est encouragé.

L’Institut des Arts Graphiques de Oaxaca (IAGO), fondé en 1988, offre aux habitants de la capitale de Oaxaca l’une des meilleures bibliothèques spécialisées en art du pays, en plus d’un programme constant d’activités. De son côté, le Musée d’Art Contemporain de Oaxaca (MACO), inauguré en 1992, a été promu par le maître Toledo en collaboration avec la communauté et les autorités de cette ville pour montrer l’art actuel en harmonie avec le contexte local.

1996 a certainement été une année de réussite, avec la création de la Bibliothèque pour aveugles Jorge Luis Borges, qui contient une collection de livres en braille, un atelier permanent d’enseignement de ce langage, des ordinateurs avec des programmes spéciaux pour les aveugles, soutien aux aveugles et aux malvoyants qui étudient et bourses d’études aux étudiants exceptionnels.

La même année, il fonde le Centre Photographique Manuel Álvarez Bravo comme espace pour promouvoir l’image, un de ses principaux intérêts, à travers des ateliers et des expositions. Cette enceinte, dédiée à l’un des photographes les plus renommés du Mexique, dispose d’une exceptionnelle collection photographique. En 1998, il crée l’Atelier Arte Papel Vista Hermosa et lance l’initiative de créer le jardin ethnobotanique de Oaxaca.

Son héritage en tant que créateur est inestimable, il est considéré comme l’un des Mexicains les plus importants de notre temps, pour lequel, en 1998, il a reçu le Prix national des sciences et des arts dans le domaine des Beaux-arts. »

***

Francisco Benjamin López Toledo de son nom complet, se considérait comme plus oaxaqueño que les tlayudas et le mole negro, deux éléments clefs de la gastronomie locale : grandes galettes rondes et séchées de farine de maïs / sauce mole à base de cacao, piments et graines pilées. Il commentait toujours : « Je suis né à Mexico par accident. »

De la Jérusalem multi-ethnique à la Babylone moderne

« Rostro de mole », Oeuvre murale réalisée avec du mole (sauce à base de cacao, graines et piment) emblémaique de la gastronomie de Oaxaca – Instagram ariste : castelianososcarin / enmolarte

La courbe ci-dessus, extraite de l’étude de Mónica Palma Mora, représente la croissance exponentielle de l’installation d’étrangers, toutes nationalités confondues, dans la ville de Oaxaca depuis 1900. L’asymptote commence réellement au tournant des années 2000. Aux habituels Espagnols, Étasuniens, Allemands et Français souvent cités, il faut compléter avec des Anglais, Italiens, Polonais, Lituaniens et Russes pour l’origine européenne. Rappelons également la présence constante et discrète de Libanais, Juifs, Syriens et de Chinois.

Certains nouveaux venus sont peu scrupuleux de pertinence culturelle, à l’image des riches Oaxaqueños conservateurs, poussiéreux et souvent radins, peu enclins à promouvoir la scène artistique locale car elle ne correspond pas à leurs codes de valeurs restreintes. Complètement embourgeoisés, ils vivent à l’abri des zones chics et policées, au milieu de villages artisanaux, charmants et préservés ou dans des bâtisses anciennes du centre-ville, achetées bon marché à une lointaine époque, parfois non rénovées et croulantes mais qui prennent invariablement de la valeur.

Coexistent heureusement différentes générations de peintres, graveurs, sculpteurs pas encore diluées dans le Bobo Land ou la standardisation postmoderne. Un archipel communautaire et informel, qui résiste autant qu’il peut contre l’établissement d’une norme sociale, contre l’hypocrite politiquement correct imposé partout et contre l’avènement d’une pensée unique et vide, de comportements sociaux uniformisés et lisses. Vestiges hippies, ces personnalités novatrices, créatives et parfois politiquement contestataires constituent le peu d’intellectuels et artistes mûrs encore actifs et crédibles de la ville, qui continuent de produire (arts plastiques, poésie, édition). Alors que les nouveaux riches de toutes couleurs et origines de Oaxaca privilégient les services (banques et infrastructures touristiques, éducation, économie virtuelle).

Oaxacalifornia

Pour autant, les changement de mentalité et d’apparence sont de plus en plus flagrants, de Santo Domingo au Zócalo, en passant par Jalatlaco et Xoximilco, ces quartiers de prédilection pour charrier un tourisme de masse, à la fois beauf et mondain, selon des événements annuels réguliers, ostensiblement et bruyamment mis en scène dans l’espace public : Dia de Muertos en automne, fêtes de fin d’année avec la Noche de rabanos (Nuit des radis) et la fête de la Virgen de Guadalupe le 12 décembre, Semana Santa (fêtes de Pâques), la Guelagetza (festival de danses traditionnelles) en juin, etc. se succèdent à l’année dans de grandes vagues humaines. Le tourisme étasunien, canadien se fait toujours plus sensible, un tourisme de personnes mûres et âgées qui impose un rythmer lent, parfois pesant, parmi la vibration haute et la tonicité des Oaxaqueños. La ville se vide doucement des énergies vives plantées par Toledo et d’autres visionnaires ; les manifestations politiques des populations environnantes dénonçant les abus et crimes des cartels ou des politiques y sont de plus en plus bannies. Un processus bien connu en France de « faire le ménage » avant la normalisation touristico-commerciale de tant de centres historiques, comme à Montpellier, Avignon, Marseille, Nantes, etc. 

Espérons que les arbres plantés, les graines semées par Tamayo, Toledo et tant d’autres artistes et militants humanistes continuent de croître et de porter leur fruits ici même, à Oaxaca. Cette zone, malgré l’attaque néolibérale massive visible notamment par forte la croissance du parc automobile et des embouteillages qui vont de pair dans une cité coloniale, reste un jardin mystérieux, magnifique et secret au sud du Mexique. Or le pays tout entier se transforme depuis la frontière avec les USA en tant que base arrière du néolibéralisme nord-américain, en une zone de production bon marché du développement d’une économie pyramidale et un terrain fertile de l’idéologie de masse. Ses populations diverses succombent tour à tour aux sirènes du « développement » matérialiste qu’est devenu le Mexique au fur et à mesure des précédentes décennies, attirés comme des mouches par le vinaigre, dans cet abîme sans fond de l’hyper-consommation déshumanisante, conduite tête baissée et en avant toute par de puissants Étasuniens principalement, mais aussi par de riches canadiens et désormais également mexicains, complètement convertis à l’économie de marché et au marchandage de nos valeurs écologiques, sacrées et humaines.

Tristement on ne peut que constater depuis la fin de la Coronafolie la fermeture de grandes institutions culturelles de Oaxaca, celle du MACO après un scandale rendu public de sa gestion des fonds (lire Le MACO, dernières expositions) ) comme celle du Musée Tamayo et du Théâtre Juarez, en plus de la destruction programmée de la Casa de Cultura, localement très populaire. Ces structures qui bénéficiaient d’une belle visibilité, sont souvent abrités dans de prestigieux sites de l’architecture coloniale. Peu soutenus par l’élite artistique locale, ils sont par ailleurs victimes de l’envolée des prix de l’immobilie, suscitant désormais de nombreuses convoitises pour certainement se convertir en énièmes hôtels de luxe à top roof (terrasse-jardin), en locations Airbnb, en cafés et salons de thé cosy, en boutiques de décoration et d’accessoires soo cute and trendy. Cette métamorphose du tissu urbain draine un public hipster de publicitaires, commerciaux, communicants, en général acculturés, fascinés par la pensée virtualisée, codifiée, dématérialisée.

La vie sociale, les interconnexions humaines se déroule de plus en plus dans les sphères virtuelles, via les smartphones et moins dans la rue e les espaces publics.Cette standardisation transhumaniste, parfois indécente et pornographique au sens premier du terme, venant de tous les horizons du Monde Globalisé et de l’Oxydant collectif en particulier, est en train d’anéantir le génie et les particularités du biotope humain créolisé, comme à Cuba ou en Colombie.

On ne peut actuellement que se désoler du fait que de joyeuse Jérusalem à tendance latine, Nouvelle Athènes ou ancienne Marseille – ces grandes villes multiethniques et mythiques à dimension humaine – de bordélique et généreuse, vivant aux rythme alternés du soleil, de la lune, aux soirées enflammées et aux nuits diamantées, Oaxaca est en train de se transformer en folklorique, conventionnelle et froide Babylone du XXIe siècle, ou encore en banal parc urbain de loisirs, juste un peu plus authentique, baroque et coloré que Disney World Florida ou Disney World Paris.

Fresque peinte, Jalatlaco, Oaxaca 2022

En espérant qu’une renaissance culturelle, spirituelle et philosophique saisisse cette ville-monde où le microcosme et le macrocosme, l’aujourd’hui et le toujours savent se côtoyer et peuvent parfois se lier d’amitié, ou encore vivre de troublantes histoires d’amour.

 Florent Hugoniot

Oaxaca, le 13 mars 2023

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SOURCES :

https://con-temporanea.inah.gob.mx/Expediente_H_Monica_Palma_num16

https://www.gob.mx/cultura/prensa/francisco-toledo-incansable-activista-y-creador-de-instituciones?idiom=es-MX

https://imparcialoaxaca.mx/la-capital/742943/pasean-estructuras-particulares-en-espacios-publicos-municipales/

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7 Responses to Oaxaca street art – mars 2023

  1. « Comó a crecido el parque vehicular en México : en México había en 2021, 36 miliones de autos privados, suficientes para darle la vuelta a la tierra más de 4 veces. Entre 2000 y 2020 aumentaron 248% los autos y 1880% las motos. »

    lo urbano

  2. « Comment le parc automobile a augmenté au Mexique : au Mexique, il y avait en 2021, 36 millions de voitures privées, assez pour faire le tour de la terre plus de 4 fois. Entre 2000 et 2020, les voitures ont augmenté de 248% et les motos de 1880%. »
    El Urbano (profil Internet)

    On aurait tord de considérer les seuls étrangers comme la première cause du renchérissement de la vie à Oaxaca en 2023. Les prix de l’immobilier flambent du fait de la demande, mais aussi des intérêts financiers élevés que souhaite faire la bourgeoisie locale, propriétaire foncière souvent par hérédité.

    Il faut aussi considérer tout le secteur commercial, et pas seulement touristique, qui profite et parfois anticipe largement les hausses de prix. Ainsi le prix des trajets en colectivos (taxis transports collectif, dans lequel peuvent tenir 5 passagers plus le conducteur, dans un relatif inconfort) qui ont presque triplé en quatre ans, du fait du cartel local des taxis.

    Des ingrédients traditionnels dans l’alimentation mexicaine, comme le citron vert ou l’avocat, augmentent et baissent irrégulièrement, du fait d’une forte demande extérieure (USA, Canada surtout) mais aussi d’actions concertés des grands cartels qui contrôlent ces zones de production et les axes de distribution.

  3. Avatar de Carolina Carolina dit :

    « Qué miedo, la gentrificación validada y promovida por el gobierno y sus denominaciones ¿Cuántas personas de Oaxaca viven en Jalatlaco hoy en día? ¿Cuántas personas de Oaxaca vivirán en Jalatlaco dentro de cinco años? Por ahí vi una pared que grita « gringo, go home », esa pared es el síntoma de nuestro hartazgo al ver nuestros espacios entregados al turismo colonial y whitexican »

    #ÚltimaHora / ¡Es oficial! #Jalatlaco es nombrado primer Barrio Mágico de #Oaxaca.

    El emblemático Barrio de Jalatlaco ubicado en la capital #Oaxaqueña recibió dicha distinción por la Secretaría de Turismo Federal al reflejar el espíritu y esencia de su ciudad, esto en el marco del #TianguisTuristico2023 en la #CDMX.

    #CentralQNoticias #Oaxaca #Noticias Gobierno del Estado de Oaxaca Salomón Jara Cruz SECTUR Oaxaca Secretaría de Turismo de México

  4. Avatar de Carolina Carolina dit :

    La magia de #Jalatlaco debería ser algo más que la disneyficación
    #BarrioMágico

    Jalatlaco es un barrio tan mágico que una casa que antes valía menos de un 1 millón de pesos hoy cuesta 10 millones de pesos, pero solo puede ser comprada por extranjeros o funcionarios del gobierno que tienen la billetera del dinero público a sus anchas, pero no por sus habitantes originarios.

    La magia de Jalatlaco es hacer dinero con la turistificación o la museificación del centro histórico. Al final se trata de las dinámicas de explotación que han saltado las paredes de las fábricas y ahora hacen de Oaxaca una ciudad vinculada a la producción inmobiliaria, a los servicios, donde las clases populares de oaxaqueños ya no podrán ser dueños de sus viviendas porque viven del alquiler subrogado, si bien les va.

    La magia de Jalatlaco está en la disneyficación de un barrio popular cuyos habitantes seguirán sin ver la reducción de la pobreza, pero podrán trabajar jornadas laborales poco flexibles y empleos mal remunerados en cafecitos bonitos llenos de colores , extranjeros y mexicanos « wannabes ». Lleva años gestándose el paso eminente para que Oaxaca sea una ciudad de mera mercancía, lleva años siendo el epicentro en México del consumo mercantil de la cultura indígena.

    Todo este choro de “Barrio Mágico” es la apropiación de espacios de agentes inmobiliarios privados y sus operaciones de capitalización de renta con el permiso del Estado , es el capitalismo tardío y voraz de la “Primavera Oaxaqueña”, que igual que el muratismo reproducen huipiles estilizados hechos en China y desigualdad.

  5. Avatar de Yann Yann dit :

    Rocío Flores

    « –¿Este es el barrio de las curtidurías?

    –No, aquí es Jalatlaco, el barrio mágico– responde el más joven de los hombres que reparan las luminariás del templo de ese barrio recién distinguido con ese nombre el 29 de marzo de este año. (…) »

    https://www.oaxaca.media/2023/04/un-barrio-magico-en-la-sociedad-de-consumo/

  6. Avatar de Yann Yann dit :

    Rocío Flores

    « –¿Este es el barrio de las curtidurías?

    –No, aquí es Jalatlaco, el barrio mágico– responde el más joven de los hombres que reparan las luminariás del templo de ese barrio recién distinguido con ese nombre el 29 de marzo de este año. (…) »

    https://www.oaxaca.media/2023/04/un-barrio-magico-en-la-sociedad-de-consumo/

  7. Avatar de Carolina Carolina dit :

    Jalatlaco y gentrificación en Oaxaca ¿Qué estamos celebrando?

    Recientemente el gobierno federal a través de la Sectur aprovechó el marco del Tianguis Turístico celebrado en la CdMx para otorgar al Barrio de Jalatlaco de la Ciudad de Oaxaca el denominativo de “Mágico”, a la manera del polémico programa de promoción turística “Pueblos Mágicos”, actualmente sin fondeo oficial.

    Felicito a quien se pueda sentir honrado por este inesperado distintivo, pero me asalta la duda ¿que se celebra? un barrio que perdió su identidad como hogar de curtidores y talabarteros con el entubamiento de su río hace 40 años, que expulsó a gran parte de sus residentes originarios ante una escandalosa especulación inmobiliaria para abrirse a la llegada de foráneos con indudable visión empresarial turística; que violentó el reglamento del centro histórico de Oaxaca, hasta donde se puede protegido por el INAH y declarado Patrimonio Cultural de la Humanidad por la UNESCO, para dar paso a todo tipo de adecuaciones arquitectónicas de su entorno y con ello crear un barrio a modo para el consumo turístico posmodernista, masificado y mercantilista, que compra espacios carentes de originalidad pero pintorescos desde el cliché y la depuración visual del entorno, donde lo cotidiano apenas cabe y donde un oaxaqueño difícilmente encuentra algo que hacer ahí…

    Quizás Jalatlaco sea ahora “Barrio Mágico” porque al parecer empieza a cumplir la versión más cercana a la versión “pro” del destino turístico soñado desde las estéticas whitexicans que gustan de “oaxaquita” por ser un lindo “pueblito” mexicano.

    Ojalá y alguien de a conocer los criterios de elección de un “barrio Mágico”, para testificar que se valora el cumplimiento de responsabilidades sociales, culturales, ambientales y económicas; al jurado que eligió a Jalatlaco, esperando que su perfil sea el de un experto en planificación turística, un sociólogo o un urbanista o antropólogo social; el contenido de la carpeta con la que se documentó la propuesta para dicho nombramiento y sobre todo los compromisos que asumirán los gobiernos municipal, estatal y federal tras este nombramiento, porque los perjuicios a los vecinos requieren de su pronto auxilio y en Oaxaca tenemos mucha necesidad de una gestión responsable, incluyente y profesional de la actividad turística, antes de que acabemos haciendo caldo a la gallina de los huevos de oro.

    En la foto, la portada del templo virreinal de San Matías, apóstol póstumo y patrón espiritual de Jalatlaco.

    https://www.escaparatepolitico.com.mx/otorgan-el-titulo-de-barrio-magico-al-barrio-de-jalatlaco

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