La naturaleza au carré

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Une des premières choses qui m’a surpris au Mexique, c’est le soin apporté à la taille des arbustes et des arbres dans les villes. Particulièrement dans le sud du pays, où la nature est généreuse, l’eau abondante. À Mexico DF ou à Puebla, les jardins publics, le zócalo, les trottoirs, la moindre plate-bande sont agrémentés de buis animaliers, de cyprès torses, de thuyas cylindriques ou cubiques. Lire la suite

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Le langage sans les mots – la parole devancée

« La grande machine » (détail), de la série « ¿De que sirve hablar? » de Sarah Goaër, 2013

Le fait de vivre au Mexique et de parler une autre langue, en l’occurence l’espagnol (ou plutôt le mexícano) qui n’est pas ma langue maternelle, m’a conduit à développer certains points de la réflexion engagée depuis trois ans sur le langage dans Flux du langage, à m’engager sur d’autres axes.

« À quoi ça sert de parler ? / ¿De que sirve hablar? » projet artistique de Sarah Goaër :

« Les touches de la machine sont les réponses des gens sur Facebook à la question de que sirve hablar / à quoi ça sert de parler. Les touches sont bilingues en fonction des réponses, les rouges sont les réponses des filles et les bleues des garçons. » (photo ci-dessus)

La langue étant le principal véhicule d’une culture, la maitrise progressive d’une langue étrangère me permet d’être toujours un peu plus à l’aise dans les dialogues et les discussions de groupe, d’en saisir les particularités. Mais – est-ce une habitude mexicaine ? – les mots ne signifient pas forcément textuellement ce qu’ils sont censés dire. Lire la suite

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La parole est d’argent, le silence est d’or

calavera de maderaLa parole n’est pas toujours le serviteur de son maître, c’est un euphémisme ! Notre inconscient parle à travers nos propres mots. Et quelquefois trop dire peut mettre en danger. Voici une célèbre légende africaine intitulée « La Parole » qui illustre bien l’adage de « tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler ».

La parole

conte africain

Il était une fois, un pêcheur nommé Drid. Il était aussi vigoureux, d’allure franche et son œil, quand il riait, était aussi vif que le soleil.  Or, voici ce qui lui advint.

Un matin, comme il allait le long de la plage, son filet sur l’épaule, il rencontra sur son chemin un crâne humain. Ce misérable relief d’homme posé parmi les algues sèches excita aussitôt son humeur joyeuse et bavarde.  Il s’arrêta devant lui, se pencha et dit :

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La Gran Chichimeca

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« La Gran Chichimeca » de Ferdinand Candber (parte), Zacatecas, mayo 2014

Proyecto efímero de Fernando Candber

« Ubicada en la fuente de los conquistadores invita al diálogo, primero sobre el espacio; que escenifica lo que nos representa. Esta instalación en sitio especifico no es un reproche histórico a los conquistadores a que los que los homenajea la fuente; es en todo caso una mirada crítica sobre los iconos en la ciudad que habla de una identidad a medias, en una ciudad que ignora deliberadamente unas de sus partes esenciales. Lire la suite

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Payasos exquisitos

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Dans les villes au Mexique, le soir et par beau temps, les payasos ou payasitos (les clowns) fleurissent sur les places centrales comme le zócalo, ou plus périphériques, comme les plazuelas. C’est une tradition bien spécifique à ce pays, qui attire les foules, familles, touristes, flâneurs à la recherche de quelque distraction gratis et en plein air. Seuls, en duo ou en groupe, les payasos improvisent, interpellent le public, très réactif certains soirs, le font participer á tout genre d’acrobatie, danse, lui lancent des défis. Les payasos se déguisent, jonglent, chantent en jouant d’un instrument… Ils cherchent bien sûr et avant tout à faire rire, ce qui est l’essence de leur art, et qui dépend du talent et de l’éloquence de chacun ! On peut également être distrait dans le bus par la visite éclair d’un payasito, venu gagner quelques pesetas dans le trafic en faisant un court sketch.

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Les Hommes Sémaphores

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La nuit à Puebla, on croise des hommes sémaphores. Ils portent parfois des masques pour se protéger de la circulation, et balancent des bâtons lumineux à bout de bras, qu’ils font parfois tournoyer. Ce langage des signes est assez joli dans la nuit, peut-être tentent-ils d’établir quelque communication avec des extraterrestres…
Pourtant certains mauvais rêveurs disent qu’ils n’en est rien, qu’ils ont juste là pour signaler un danger aux files de voitures impatientes, une zone de travaux sur la chaussée.
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DSC00393La nuit à Puebla est faite de lumières vives et fugaces. Dans les arenas de la lucha libre, pendant les entractes, un homme vend des ornements de fête foraine, des diadèmes scintillants, de drôles de motifs géométriques clignotants.

Entièrement recouvert de pacotille made in China, repérable parmis les spectateurs tel un ovni multicolore, une météorite de flammes arc-en-ciel, un danseur aztèque de science-fiction, il passe et repasse entre les coups bas et les cris des lutteurs.

Cet autre personnage nocturne pittoresque propose à la cantonade dans la rue des camotes (patates douces cuites dans un four à charbon roulant et arrosées de lait concentré sucré). Il ouvre le foyer rouge incandescent de sa locomotive miniature, puis tire sur une cordelette qui libère de la pression en émettant un son plaintif, et évoque un western en écho, l’appel des grandes plaines de l’Ouest…

À Puebla, au couchant, il y a aussi des hommes cerf-volant, des hommes papalotl, qui parlent au vent, mais ça c’est une autre histoire…

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Photo©FlorentHugoniot

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Facebook de face, de côté y atras

Quai de gare SNCF, France, été 2018

Quai de gare SNCF, France, été 2018

Facebook en quelques chiffres

Depuis que je vis au Mexique, je mesure toujours davantage l’utilité que peut avoir Facebook dans notre vie quotidienne. Ce réseau social est le plus populaire de tous et le plus utilisé dans le monde. Il compte 1,23 milliard d’utilisateurs actifs en 2014 selon le blog du modérateur. Au Mexique, en 2013, plus de 28 millions de personnes se connectent quotidiennement sur Facebook, une ou plusieurs fois pas jour selon Netmedia.mx. Et selon Le Monde marketing, le plus grand nombre d’utilisateurs se trouve aux États-Unis (155,7 millions), suivis par l’Inde (43,5 millions), l’Indonésie (43,06 millions), le Brésil (37,9 millions) et le Mexique (35 millions). La France arrive en neuvième position avec 23,6 millions d’utilisateurs. Lire la suite

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Arte de la Tierra en la Zacatecana

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Más abajo, traducción en español

Nouvelle édition de Arte de la Tierra, une performance-atelier de plusieurs artistes qui ont pour objectif d’investir un espace, et d’y réaliser en quelques jours des sculptures, des œuvres picturales et des installations in situ. Cette fois-ci, le décor était plus urbain, après l’immense étendue désertique de l’État de San Luis Potosi (lire Arte de la Tierra en el desierto). Le terrain choisi était un ancienne hacienda du 19ème siècle, une fabrique de fils et de tissus construite en 1830. Abandonnée au début du 20ème siècle, elle est aujourd’hui complètement en ruine, mais dégage un charme incroyable. Lieu idéal pour le landart, cet espace en plein centre de la petite municipalité de la Zacatecana, à quelques kilomètres seulement de la ville de Zacatecas, est aussi le domaine privilégié des enfants du village, un terrain de jeu et d’aventures rêvé… Lire la suite

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Ballade chez les vivants et les morts à Zacatecas

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Finalement, c’est tout seul que je décidais d’aller au panteón de Zacatecas. Ce jour des morts, día de muertos, célébré ici comme dans tout le Mexique avec plus ou moins de faste, s’annonçait splendide : un ciel bleu outremer peuplé de nuages moutonnants sur lesquels les anges pouvaient à loisir observer les vivants en faisant des galipettes ! O. m’avait bien proposé de faire cette visite au cimetière avec moi, mais cet après-midi de Toussaint, Todos los Santos, il m’avait encore fait faux bond… Lire la suite

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Las Morismas de Bracho

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Chaque année, le dernier week-end du mois d’août et pendant trois jours, se déroulent les Morismas de Bracho, dans un quartier excentré et populaire au nord-est de Zacatecas, au Mexique. Le quartier du Bracho est situé sur une colline pelée, aride et balayée par les vents, dans une région centrale et semi-désertique du pays. Ces festivités traditionnelles, très impressionnantes, attirent des milliers de personnes – entre 10 et 15 mille – et emplissent la ville et les environs de sonorités et de couleurs guerrières. Lire la suite

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