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La femme dévoilée
Trois ou quatre petits chiens, un plus élancé, un autre plus massif, courent après une noix de coco sèche au bord de l’eau. La jeune femme qui encadre la petite troupe donne des signes d’impatience. Elle porte une tenue de ville et aimerait récupérer la balle improvisée pour repartir au plus vite avec sa suite animale. Mais les chiens continuent leur manège, comme des musiciens lancés dans une folle improvisation, et elle finit par les laisser jouer, impuissante. La jeune femme s’absente et disparait de la plage… les vagues ne peuvent pas non plus mettre fin à leur va-et-vient, à la ronde sans fin de l’écume mousseuse et au chant de l’eau salée.
***
Plus tard, lors du passage lent et nostalgique du jour à la nuit, une femme marche seule sur ce même sable mouillé. Elle n’attend personne et, légère, se dirige vers le nord-ouest de la plage, une zone presque toujours déserte. Tout est à elle, pour elle, devant elle, et ce que ses pieds nus devancent quitte progressivement son champ de vision, un peu comme des éléments de son passé basculeraient les uns après les autres dans le néant, les brumes de son inconscience ; de sombres pensées s´évanouissent dans l’air humide du soir. Elle absorbe l’oxygène de tout son corps, elle est elle-même l’inspire des vagues, l’expire des nuages, la marée, l’alternance du soleil et de la lune, le souffle cyclique et éternel des éléments qui l’entourent.








